Une mère et sa fille lisent ensemble dans un lit, moment calme en famille

Huiles essentielles et enfants : lesquelles et à partir de quel âge ?

Maryline Hourlier

Chez l'enfant, la règle est la prudence : pas d'huile essentielle avant 3 ans sans avis médical, jamais par la bouche, et ensuite seulement quelques huiles douces, très diluées, sur l'avis d'un médecin ou d'un pharmacien. Je reçois souvent cette question de parents qui veulent soulager leur enfant naturellement. C'est une très bonne intention, mais la peau, les poumons et le système nerveux d'un enfant ne réagissent pas comme ceux d'un adulte. Voici mes repères âge par âge, les huiles à éviter et les bons réflexes à la maison.

Pourquoi les enfants sont plus sensibles

Une huile essentielle est très concentrée. Chez un petit enfant, la même goutte représente une dose bien plus forte que chez un adulte, et certaines molécules peuvent provoquer des convulsions, une gêne respiratoire ou des irritations. L'Anses, l'agence française de sécurité sanitaire, déconseille d'ailleurs l'usage des huiles essentielles chez l'enfant de manière générale.

Ce que montrent les centres antipoison

Entre 2011 et 2021, les appels aux centres antipoison liés aux huiles essentielles ont presque doublé, dépassant 4 000 par an en 2018-2020. Les enfants sont les plus touchés : la moitié des personnes exposées avaient 3 ans ou moins, et 14 % avaient moins d'un an. Deux situations reviennent sans cesse :

  • l'enfant attrape un flacon laissé à sa portée et le porte à la bouche (38 % des cas) ;
  • une erreur de flacon (36 % des cas) : dans près de 8 cas sur 10, un parent donne une huile essentielle à la place de la vitamine D, dont le flacon compte-gouttes se ressemble.

Mes repères âge par âge

Avant 3 ans : pas sans avis médical

Avant 30 mois, les médicaments contenant des dérivés terpéniques (camphre, cinéole, menthol, eucalyptus, niaouli, pin…) sont contre-indiqués à cause du risque de convulsions. Ces mêmes molécules se trouvent dans beaucoup d'huiles essentielles « de l'hiver ». Avant 3 ans, je vous conseille donc de ne rien utiliser sans l'avis de votre médecin, pas de diffusion dans la chambre du bébé, et de privilégier les gestes simples : lavage du nez au sérum physiologique, air humidifié, hydratation.

De 3 à 6 ans : très peu, très dilué

Sur conseil d'un professionnel, on peut utiliser une ou deux huiles douces, comme la lavande vraie (Lavandula angustifolia), très diluées dans une huile végétale, en massage sur le dos ou la plante des pieds. Jamais près du visage, et jamais les huiles riches en menthol, en camphre ou en cinéole.

Flacon d'huile essentielle posé sur un linge, à ranger hors de portée des enfants

Après 6 ans : un choix plus large, toujours dilué

À partir de 6 ans, la liste s'élargit un peu, mais les règles restent les mêmes : dilution, courte durée, pas de voie orale. Demandez toujours conseil à votre pharmacien, surtout si votre enfant a de l'asthme ou prend un traitement.

Les adolescents

Les adolescents se rapprochent des adultes, mais ils ne doivent jamais avaler d'huile essentielle : l'Anses rapporte le cas d'une adolescente hospitalisée pour une pneumopathie après en avoir avalé.

Les huiles essentielles à éviter chez l'enfant

  • La menthe poivrée : son menthol peut ralentir la respiration du jeune enfant.
  • Les huiles riches en 1,8-cinéole ou en camphre : eucalyptus globulus, romarin à cinéole ou à camphre, ravintsara, niaouli, lavande aspic.
  • L'arbre à thé (tea tree) : l'Anses déconseille de l'administrer aux enfants.
  • Toute huile par la bouche, quel que soit l'âge.

Les bons réflexes à la maison

  • Rangez les flacons en hauteur, fermés, loin des médicaments et des produits de soin du bébé, et surtout jamais à côté de la vitamine D.
  • Ne diffusez jamais en présence d'un bébé ; aérez bien la pièce après la diffusion.
  • Ne mélangez pas plusieurs huiles qui contiennent les mêmes molécules : les doses s'additionnent.
  • Lavez-vous les mains après un massage, avant de toucher le visage de votre enfant.

Mon conseil

Je vous conseille de garder les huiles essentielles dans une boîte fermée, rangée avec vos produits à vous, jamais dans la trousse de l'enfant. Et quand votre enfant est malade, commencez toujours par les gestes simples : repos, boisson, nez dégagé. L'huile essentielle ne vient qu'en complément, si votre médecin ou votre pharmacien est d'accord.

Quand consulter ?

Si votre enfant a avalé une huile essentielle, ne le faites pas vomir et ne lui donnez rien à boire : appelez immédiatement un centre antipoison ou le 15. Appelez le 15 ou le 112 en urgence en cas de somnolence inhabituelle, de convulsions, de toux ou de gêne pour respirer après une exposition. Consultez aussi si une rougeur de la peau persiste après une application, ou si votre enfant a de la fièvre qui dure ou respire mal.

Pour aller plus loin

Ebook Utiliser les huiles essentielles sans dangers pour toute la famille au quotidien, par Maryline Hourlier

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Questions fréquentes

À partir de quel âge peut-on utiliser des huiles essentielles chez l'enfant ?

Avant 3 ans, aucune huile essentielle sans avis médical. De 3 à 6 ans, seulement une ou deux huiles douces très diluées, sur conseil d'un professionnel. Après 6 ans, le choix s'élargit, toujours dilué et jamais par la bouche.

Peut-on diffuser des huiles essentielles dans la chambre d'un bébé ?

Non. Ne diffusez jamais en présence d'un bébé. Certaines molécules, comme le menthol ou le cinéole, peuvent gêner sa respiration ou provoquer des convulsions. Pour un nez bouché, préférez le sérum physiologique et un air humidifié.

Quelles huiles essentielles éviter chez l'enfant ?

La menthe poivrée, les huiles riches en cinéole ou en camphre (eucalyptus globulus, romarin, ravintsara, niaouli, lavande aspic) et l'arbre à thé. Et aucune huile essentielle par la bouche, quel que soit l'âge.

Que faire si mon enfant a avalé de l'huile essentielle ?

Ne le faites pas vomir et ne lui donnez rien à boire. Appelez immédiatement un centre antipoison ou le 15, en gardant le flacon à portée de main. En cas de convulsions ou de gêne respiratoire, appelez le 15 ou le 112.

À lire aussi

Cet article donne des informations générales et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé. Sources : Anses, Vigil'Anses n° 24, « Huiles essentielles : à utiliser avec précaution ! » (2024) ; Anses, Huiles essentielles : risques et précautions ; Vidal, Dérivés terpéniques : nouvelles contre-indications chez l'enfant (ANSM, 2011) ; Tisserand Institute, Inhalation safety for kids (en anglais).

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