Main tenant un flacon d'huile essentielle

Ravintsara : bienfaits, utilisations et précautions

Maryline Hourlier

Le ravintsara est une huile essentielle traditionnellement utilisée en hiver pour accompagner les petits maux respiratoires et les coups de fatigue ; on l'emploie surtout en diffusion, en inhalation ou diluée en massage, chez l'adulte, et jamais pure ni par la bouche. C'est l'une des huiles que l'on me demande le plus dès les premiers rhumes. Elle a une bonne réputation, mais ce n'est pas un produit anodin. Je vous explique d'où elle vient, ce que l'on peut raisonnablement en attendre, comment l'utiliser et dans quels cas l'éviter.

Le ravintsara, c'est quoi exactement ?

L'huile essentielle de ravintsara est extraite par distillation des feuilles du camphrier, Cinnamomum camphora, cultivé à Madagascar. L'huile vendue en aromathérapie est riche en 1,8-cinéole : c'est le « chémotype » qu'indique l'étiquette (ct 1,8-cinéole). Son odeur est fraîche, proche de celle de l'eucalyptus.

Attention à la confusion avec le ravensare

Le ravintsara est souvent confondu avec le ravensare (Ravensara aromatica), un autre arbre de Madagascar. Les deux noms se ressemblent et ont longtemps été mélangés dans le commerce, mais ce sont deux plantes différentes, aux huiles différentes. Vérifiez toujours le nom latin sur le flacon : Cinnamomum camphora, feuille, ct 1,8-cinéole.

À quoi sert l'huile essentielle de ravintsara ?

En aromathérapie, le ravintsara est traditionnellement utilisé :

  • pendant les rhumes et les états grippaux, pour dégager la respiration et apporter une sensation de confort ;
  • en période d'épidémies hivernales, en diffusion dans une pièce aérée ;
  • en cas de fatigue passagère, pour son odeur tonique et fraîche.

Soyons honnêtes : les études cliniques sur le ravintsara chez l'humain sont rares. Il ne remplace ni le repos, ni l'hydratation, ni un traitement quand il est nécessaire. Un rhume guérit en général seul en une à deux semaines, et les antibiotiques n'y changent rien puisqu'il est dû à un virus. Le ravintsara est un complément de confort, pas un médicament.

Comment utiliser le ravintsara

En diffusion

Mettez 3 à 5 gouttes dans un diffuseur électrique, pendant 15 à 20 minutes, dans une pièce que vous aérez ensuite. Ne diffusez pas en continu, ni dans la chambre d'un bébé ou d'une personne asthmatique.

En inhalation

Déposez 1 à 2 gouttes sur un mouchoir et respirez-le calmement quelques instants, deux à trois fois par jour. C'est la méthode la plus simple quand on a le nez pris.

Feuilles vertes fraîches, évoquant les feuilles de ravintsara dont on extrait l'huile essentielle

En massage, toujours dilué

Diluez 2 gouttes de ravintsara dans une cuillère à café d'huile végétale (amande douce, noyau d'abricot) et massez le haut du thorax, le haut du dos ou l'intérieur des poignets, deux à trois fois par jour, pendant quelques jours seulement. Faites d'abord un test dans le pli du coude et attendez 24 heures.

Mon conseil : un rituel du soir quand le rhume s'installe

Le soir, je vous conseille une tisane chaude au miel, quelques minutes de diffusion de ravintsara dans le salon (fenêtre entrouverte ensuite), puis un petit massage du haut du dos avec le mélange dilué avant d'aller dormir. Ce n'est pas un remède miracle, mais c'est un moment de douceur qui aide à se reposer, et le repos reste votre meilleur allié.

Les précautions indispensables

  • Grossesse et allaitement : pas de ravintsara sans l'avis de votre médecin ou de votre sage-femme.
  • Enfants : le 1,8-cinéole fait partie des dérivés terpéniques, contre-indiqués avant 30 mois dans les médicaments à cause du risque de convulsions. Par prudence, je ne l'utilise pas avant 6 ans sans avis médical, et jamais sur le visage d'un enfant.
  • Épilepsie ou antécédent de convulsions : à éviter.
  • Asthme : l'odeur puissante peut déclencher une gêne respiratoire ; demandez d'abord conseil.
  • Traitement en cours : parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien.
  • Ne l'avalez pas, ne l'appliquez jamais pur, ni dans le nez, les oreilles ou les yeux, et rangez le flacon hors de portée des enfants.

Quand consulter ?

Le ravintsara ne doit pas retarder une consultation. Voyez votre médecin si :

  • la fièvre dure plus de 3 jours ou devient très élevée ;
  • vos symptômes s'aggravent ou ne s'améliorent pas après 10 jours ;
  • vous toussez depuis plus de 3 semaines ;
  • vous avez une maladie chronique (cœur, poumons, reins, diabète) ou des défenses immunitaires affaiblies.

En cas d'essoufflement, de douleur dans la poitrine ou de difficulté à respirer, appelez le 15 ou le 112.

Pour aller plus loin

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Questions fréquentes

À quoi sert l'huile essentielle de ravintsara ?

Elle est traditionnellement utilisée en hiver, en diffusion, en inhalation ou diluée en massage, pour le confort respiratoire pendant un rhume et en cas de fatigue passagère. Les études cliniques sont rares : c'est un complément, pas un traitement.

Ravintsara et ravensare, est-ce la même chose ?

Non. Le ravintsara vient des feuilles du camphrier (Cinnamomum camphora) et le ravensare d'un autre arbre de Madagascar, Ravensara aromatica. Vérifiez toujours le nom latin sur le flacon.

Comment utiliser le ravintsara sans risque ?

En diffusion 15 à 20 minutes dans une pièce aérée, 1 à 2 gouttes sur un mouchoir, ou 2 gouttes diluées dans une cuillère à café d'huile végétale en massage. Jamais pur sur la peau et jamais par la bouche.

Le ravintsara convient-il aux enfants et aux femmes enceintes ?

Pas sans avis médical. Il est riche en 1,8-cinéole, un composé à éviter avant 30 mois et chez les enfants ayant des antécédents de convulsions. Pendant la grossesse et l'allaitement, demandez toujours conseil à votre médecin ou à votre sage-femme.

À lire aussi

Cet article donne des informations générales et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé. Sources : Juliani et al., « Searching for the Real Ravensara Oil », Perfumer & Flavorist, 2016 (en anglais) ; Anses, Huiles essentielles : risques et précautions (2024) ; Vidal, Dérivés terpéniques : nouvelles contre-indications chez l'enfant (ANSM, 2011) ; NHS, Common cold (en anglais).

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